Basketball

C’était, il y a 37 ans…. Urunani!

L’ossature  de l’équipe nationale: 3ème Jeux d’ Afrique Centrale à Brazzaville en 1987 !

Récit de Louis Ruzoviyo ancien journaliste des sports et membre fondateur de l’AJSB qui était présent aux jeux d’Afrique Centrale de 1987 au Congo Brazaville. Il nous fait le point sur les exploits des athlètes burundais qui étaient dans ces jeux en mettant un accent particulier sur le club de basketball URUNANI. 

Lorsque le club Urunani arrive en 1979 bravant la hiérarchie du basketball à Bujumbura, l’on crut à une équipe de paille sans panache ni poids. Très vite, il en fut autrement! Urunani dont les supporters partaient surtout des quartiers populaires, gravit les échelons, s’imposant dans l’élite de Bujumbura. Jeunes journalistes en ce temps, on pavoisait d’avoir de quoi renchérir, de voir cette équipe Urunani sans moyens apparents, damner le pion  aux ténors de l’époque, Muzinga une équipe militaire, Dynamo, Foudres. On applaudit ainsi un  groupe de jeunes, fiers, déterminés et confiants  » Sisi wenyewe » et qui se connaissaient bien. Leurs appels de balle menant à la transmission du ballon presque les yeux fermés faisaient merveille! Ils glanaient  ses premiers trophées suivis plus tard des coupes de la Zone 5 en Afrique en moins de dix ans. Rien d’étonnant que ses joueurs frappaient à la porte de l’équipe nationale.

Année 1987, Brazzaville, capitale de la République Populaire du Congo faisait beau à voir, fleurie pour l’accueil de la jeunesse sportive de l’Afrique Centrale. Brazzaville n’en était pas à son coup d’essai, berceau des premiers Jeux d’ Afrique Centrale (1965). Brazzaville abrita aussi  la première édition de la Coupe d’ Afrique des Nations de Handball (1979) ainsi que les éliminatoires des Jeux Olympiques (1988) pour les trois continents l’Asie, l’Amérique, l’Afrique au Handball.

C’est dans un élan de tradition sportive et hospitalière que la population de Brazzaville a salué ainsi les 1 800 sportifs des jeux collectifs et athlètes. Le Congo en était comblé que cette fête de brassage de la jeunesse des 11 pays de la zone 4, CSSA (Conseil Supérieur des Sports en Afrique), se tenait dans une période où le pays la capitale de l’organisation de l’Unité Africaine. Au décompte finale, le Burundi (45 membres) fut la grande révélation en Athlétisme classé 2ème sur 11, derrière l’Angola malgré un nombre limité des sportifs (45). De la composition des autres équipes, on cite le Cameroun (196), Congo RDC (164), Angola (171), Congo Brazza (167), Gabon (96), Tchad (72), Rwanda (68), Burundi (45), Sao Tomé (21)

Des cinq disciplines prévues, le Burundi s’engageait uniquement en athlétisme et au Basketball laissant de côté le football, le handball et le volleyball, filles et garçons. Au décompte final, le Burundi se classait 2ème aux médailles derrière l’Angola première, grâce à une forte délégation mixte des filles-garçons engagés en athlétisme et sports collectifs.

Le Burundi repartait la tête haute  grâce aux athlètes militaires tandis que l’équipe de basketball du Burundi (7ème) s’en tirait avec une victoire (111/67) sur le Rwanda 8ème sur 8 équipes engagée.

Les matches et les joueurs Urunani.

Cinq joueurs Urunani et six joueurs issus de différents clubs furent appelés sur le terrain: Nindorera dit Socrates (Urunani), Ndenderi dit Oussa (Urunani), Niyorugira Bosco (Urunani), Hakizumwami Michelin (Urunani), Ntawumbabaye dit Kamogri (Urunani), Batungwanayo dit Kayanza (Muzinga), Niyungeko dit Cassius (Muzinga), Niyonkuru dit Sénégalais (Club Université), Ndayishimiye Elie (Dynamo), Niyogusaba Egide (Dynamo), Masahani (Dynamo en partance vers les USA).

Il m’est permis de s’attarder aujourd’hui sur les seuls joueurs d’Urunani qui ont célébré récemment leur existence en communion avec leurs fans; une équipe Urunani  fidèle à son nom Urunani « être ensemble » et ses qualités originelles: la joie de jouer et le partage.

A Brazzaville, c’est une ardente équipe nationale, belle dans sa jeunesse, qui entamait la compétition. Face à d’autres équipes expérimentées et renforcées par des joueurs expatriés en Europe, les joueurs du Burundi arrivaient avec des bases solides  à savoir la complémentarité et l’altruisme  tout en  commettant certes  des erreurs de jeunesse. Sans repos, ils ne purent point s’imposer devant le Gabon au lendemain de son arrivée, le Tchad, le Cameroun. L’on comprend que des joueurs novices des joutes de haut niveau, l’équilibre entre l’attaque (scoring) et la défense fut le maillon faible !

Les joueurs du Burundi se remettaient bien devant le Rwanda au dernier match par des séquences bien ciselées soit au moment d’attraper la balle et partir en un contre un soit dans la rapidité d’exécution, couplée à une agressivité dans tous les domaines. Le score est sans appel (111- 67); un succès qui évitait  au Burundi un classement peu luisante de « la lanterne rouge » !

Comment ont- ils joué?

  • Nindorera Eugène « Socrates » (Urunani): Brillant meneur du club Urunani au jeu raffiné, Eugène fléchit certes dans un combat physique lors des premières confrontations sans jamais baisser les bras, en portant en avant sans cesse ses coéquipiers malgré les difficultés. Grâce aux mouvements flamboyants d’approche au cercle, son rôle fut prépondérant lors de la victoire éclatante contre le Rwanda.
  • Ndenderi dit Oussa (Urunani) : L’idole des supporters du club Urunani, sa combativité fut maitrisée par les grands gabarits sur son chemin. N’empêche toutefois qu’il laissa grosse impression à Brazzaville.
  • Niyorugira (Urunani): Malgré sa taille moyenne, il n’a pas eu froid aux yeux devant les colosses adversaires. Dommage car, il fut blessé, privé ainsi de la dernière rencontre victorieuse contre le Rwanda.
  • Hakizumwami Michelin (Urunani): S’il pécha parfois dans ses précipitations, il fut le plus adroit dans ses tirs à distance, jouant ainsi un rôle prépondérant au score élevé contre le Rwanda.
  • Ntawumbabaye dit Kamogri (Urunani): Physique imposant, il s’accommoda le mieux au jeu physique imposé par ses adversaires et laissa une des meilleures prestations au sein de l’équipe nationale.

 

 

 

 

illustration par photo Ndongozi, Urunani, première génération à sa création en 1979.

Urunani, nouvelle génération a mis son point d’orgue: premier club du Burundi vainqueur du trophée au championnat semi-professionnel league « The Viva basketball league », première édition.

A suivre prochain article: Dynamo !