Femme et sportRugby

Le développement du Rugby féminin, une des priorités de la FBR

Afin de clôturer en beauté le mois de mars dédié à la femme, un tournoi purement féminin mettant aux prises des clubs en provenance des provinces a été organisé à Bujumbura, par la Fédération Burundaise de Rugby (FBR).

Par Thierry Niyungeko

Sur l’habituel terrain du Rugby communément appelé Tempête, les meilleurs clubs féminins du moment se sont donné rendez-vous pour livrer un tournoi entièrement dédié aux filles. Des responsables de la fédération, des journalistes sportifs ainsi que des supporters des équipes en compétition ont assisté à de bonnes prestations qui augurent déjà des lendemains qui chantent dans la pratique de cette discipline sportive. « Les préliminaires de ce tournoi avaient eu lieu en provinces Kayanza et Rumonge et les équipes victorieuses ont obtenu le ticket de disputer les demi-finales d’aujourd’hui », indique Albert Havyarimana, président de la FBR. Au terme de rudes batailles, les clubs de Kayanza et Rumonge se sont successivement imposés en première et deuxième places de ce tournoi et livreront la grande finale initialement prévue au moi de Mai 2019.

Après un long moment sans compétitions féminines en Rugby, la satisfaction est totale pour le président Albert Havyarimana qui trouve le retour en force du Rugby féminin sur le plan national. « Des équipes viennent des communes reculées du Burundi profond alors qu’il n’y a pas longtemps elles ne provenaient que de la capitale », constate le président Havyarimana, sourire aux lèvres. « C’est un très bon signe de voir le nombre de filles qui s’intéressent au Rugby et cela s’observe dans quatre provinces considérées comme des pionnières dans le développement de cette discipline sportive qui nous passionne », s’enchante Albert Havyarimana. Il s’agit notamment de Bujumbura, Rumonge, Ngozi et Kayanza.

Afin de vulgariser le Rugby féminin, le président de la fédération compte effectuer des descentes à l’intérieur du pays dans le but de sensibiliser les parents à inculquer les valeurs du Rugby à leurs enfants. « Des professeurs d’éducation physiques collaboreront avec la FBR dans la création des clubs dans les localités où ils sont casés », prévient-il.

Problème lié à l’abandon

Amenées à faire des démonstrations dans l’esprit et les règles souples du jeu de Rugby, la souplesse se perd, hélas, au fil du temps chez les joueuses. Pour Laurence Niyokindi, capitaine de l’équipe de filles de Rumonge qui s’est classée deuxième du tournoi, ses coéquipières rencontrent des difficultés qui leur poussent aux abandons. « La plupart de nos aînées ont dû abandonner suite aux mariages précoces dues aux grossesses et nous nous trouvons avec de jeunes qui peinent à consolider notre équipe », regrette la capitaine Niyokindi. Cela a lourdement affecté le niveau de son équipe qui, comme l’a affirmé le coach des filles de Kayanza, était jadis redoutable mais actuellement en baisse de niveau. « Le Rugby est un sport qui nous fait dépenser beaucoup d’énergies ce qui nécessite une consistante récupération qui nous manque souvent », enchaîne-t-elle avant de conclure que celles qui ne sont pas courageuses sont contraintes à abandonner.

Ce tournoi a mis aux prises des équipes de la catégorie des moins de 19 ans. Dans l’avenir, la FBR compte poursuivre sur cette lancée en formant une élite des mois de 21 ans pour accroître le niveau du Rugby local. L’objectif de la fédération est de disposer des équipes de tous les niveaux à partir des moins de 15 ans jusqu’aux séniores.