Par Thierry Niyungeko
Dans le cadre du projet de renforcement de ses capacités et de son rôle dans la cohésion sociale, la Fédération Burundaise de Karaté vient d’organiser une formation sur la structuration, la gestion et la gouvernance interne à l’endroit des dirigeants de clubs de Karaté ouevrant à l’Intérieur du pays. Ce projet qui est financé par l’Ambassade de France au Burundi va s’étendre sur une durée de 12 mois et va se cloturer par un grand championnat national prévu au mois d’Avril 2020.
D’autres formations avaient précédé celle-ci dont notamment celles sur les techniques d’arbitrage et d’entrainement technique. L’objectif est d’améliorer les compétences et les capacités des dirigeants aussi bien administratifs que techniques afin de conduire à bonne escient les activités des clubs au niveau des entraînements techniques et au niveau de la gouvernance interne. Cela doit d’abord commencer avec la mise en place d’outils de gestion respectant les standards d’éthique et de déontologie en matière d’administration des organisations sportives.
La présente session est destinée aux responsables des clubs des provinces de l’intérieur du pays qui sera suivie par celle des dirigeants des clubs de Bujumbura. Les participants qui ont répondu au rendez-vous sont essentiellement des présidents, secrétaires généraux ou autre membre du comité désigné par le club mais qui joue un important rôle dans son organisation, son fonctionnement et sa structuration.
Amélioration du système de gestion
Pour Raphaël Bindariye, formateur et point focal de ce projet, à l’issue de cette formation les clubs gagneront énormément dans l’amélioration de leur système de gestion. « Nous disposons de jeunes clubs dynamiques mais non encore expérimentés et sans beaucoup de moyens ni de capacités suffisantes pour se développer, c’est pour cela que nous voulons les renforcer », rappelle-t-il. En guise d’illustration, il indique que sur les 30 clubs qui participent, seulement deux disposent d’un compte bancaire et aucun club ne dispose d’un manuel de procédure et qu’une telle situation ne peut perdurer. Se contentant juste des statuts et du règlement d’ordre intérieur, les clubs affiliés au sein de la Febuka doivent introduire ces outils de gestion pour donner de la crédibilité à l’organisation de leurs activités. « On ne veut plus que tout soit géré par l’entraîneur qui cumule souvent des fonctions comme si c’était son entreprise privée mais comme une organisation visant l’épanouissement du sport et des jeunes pour une cohésion sociale réussie », explique-t-il.
Vers la cohésion sociale et l’inclusion
Le sport étant un véritable vecteur de cohésion sociale, le Karaté se veut porteur du flambeau vu qu’il regroupe des pratiquants issus de tous bords sans se soucier des appartenances ethniques, politiques ni religieuses. Le point focal du projet annonce qu’à l’issue des formations, il sera organisé des championnats régionaux où on fera rencontrer des Karatekas en provenance de différentes régions autour des Katas et des Kumite afin de permettre aux pratiquants de partager des moments de convivialité. A propos de l’inclusion, la formation a abordé des questions liées au Genre pour essayer de rehausser le nombre de filles et femmes qui restent minoritaires au sein des clubs. Raphaël Bindariye regrette le fait que les postes de responsabilité au niveau des clubs soient attribués aux hommes, les femmes occupant des positions de second plan. Afin de rectifier cela pour que les femmes soient considérées dans la prise des décisions, une large sensibilisation doit être faite pour impliquer plusieurs filles dans les mécanismes de gestion au niveau administratif des clubs.
Afin de joindre les paroles aux actes, la Febuka invite les responsables administratifs de clubs à mettre en application les notions apprises au niveau de la gestion, de la délégation des pouvoirs, de la transparence sur le plan technique, financier et administratif pour le développement de cette discipline des arts martiaux.

