Athlétisme

L’inoubliable remontée à …..Monaco (L. Diamant)

Ndikumwenayo dévancant l’ éthiopien Berihu à l’ issue d’ une remontée « remontada» inoubliable !

Par Louis Ruzoviyo

Qu’il est vivifiant d’assister en direct à l’exploit d’un compatriote sur la scène sportive internationale !

Nous étions certes confiants dans la capacité de notre jeune compatriote à se transcender, mais, vous mentirais-je de confirmer si l’on pensait que l’heure pour ses nouveaux exploits avait sonné. « Nabikoze» c’est-à-dire, je l’ai fait, a-t-il asséné fièrement, se rappelant de nos encouragements avant l’épreuve. Ainsi, notre espoir olympique, impeccablement, s’est fait violence, signant par-là, ce qui restera pour nous, ses ardents supporters, l’inoubliable remontée à Monaco, ponctuée d’un sprint  « rafale ». Une rafale, rappelons-nous, c’est ce coup de vent violent qui embarque tout sur son passage. C’est aussi le nom de ce fameux avion fleuron de l’industrie de défense française.

La puissance d’une rafale et la tactique des guerriers traditionnels Barundi, telles sont les qualités qu’il a fallu pour s’imposer à Monaco. Et Monaco dite le Rocher est bâtie en partie sur un rocher. Il faut du « carburant » et de l’énergie pour y accéder.

Ndikumwenayo, c’est-à-dire le « Tout Puissant » est avec moi, il l’a fait car il le savait. La course s’annonçait relevée. La « crème » du demi-fond mondial était réunie. Étaient présents notamment l’éthiopien qui fut dur à battre, Berihu Aregawi (2ème), vainqueur du prix annuel (2019), league de diamant ( 5000m); le Sud Soudanais Lobalu (5ème), vainqueur du récent golden league à Stockholm (3000 m); Paul Chelimo (11ème), le Kenyan naturalisé américain, 3ème aux JO de Tokyo 2021 (5000m). L’autre Kenyan  était Jacob Krop (6ème) et 2ème (5000 m) au récent championnat du monde à Eugene ( USA) etc….

Contrairement à Stockholm où notre compatriote se sentait fatigué (5ème) par des joutes précédentes, Ndikumwebayo abordait la compétition dans des conditions idéales, en toute sérénité et sans précipitation.

Le français Hay (10ème) prit les devants pour un instant; Ndikumwenayo n’apparaissant point aux avants postes. A la mi-course l’on se demandait même s’il était présent au moment où Aregawi accélérait, talonné par le peloton kenyan. Et quand Ndikumwenayo attaque, l’écart nous semble insubmersible. Il déployait alors une foulée irrésistible, ample et légère pareil à Vénuste aux JO d’Atlanta, écartant tour à tour ses rivaux dans les derniers 200 m. Il coiffait sur le fil Aregawi devant un public méduse, auteur d’une échappée infructueuse.

J’ai pensé en cet instant à la jeunesse burundaise en difficulté, pour qui ce succès est une lueur d’espoir. J’ai pensé également au souverain de Monaco, Prince Albert qui a sans doute apprécié la performance. Il fut d’un grand soutien aux premiers athlètes Barundi tel Kwizera Dieudonné engagés dans des compétitions en Europe.

La  victoire de Ndikumwenayo non favori de la presse sportive internationale fut un des grands moments de la compétition, en réalisant de surcroît la meilleure performance de l’année sur cette distance ( 7:25.93).

Deux autres records tombaient, celui du Ligue de diamant et le record national du Burundi.

Par cette victoire, l’espoir olympique du Burundi s’annonce pour une place au podium,  en l’occurence Ndikumwenayo Thierry. C’est au pays d’assurer sa protection pour le «manque à gagner» au cas où il baisse le rythme des compétitions lucratives pour lui. C’est indispensable pour préserver une  fraîcheur physique en vue  des prochains Jeux Olympiques de Paris 2024. Dans ce cas, les prix pour une place olympique émanent des nations des athlètes.